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Manifeste 2

La représentation artistique de la personne humaine, sur l’Agora, conditionne notre regard sur nous-mêmes et sur les autres.

Dans la Grèce Antique, la recherche de la perfection corporelle de l’Homme dans l’ART était prédominante sur L’Agora, et orienta ainsi cette civilisation vers la vie en opposition à ses contemporaines essentiellement tournées vers la Mort ! Pas étonnant que la Démocratie y soit née et que cette civilisation devienne le terreau de la pensée humaine dans la gouvernance démocratique du monde.

De nos jours, l’Art Officiel trahit, le plus souvent, la beauté humaine dans tous ses aspects, et hypothèque ainsi lourdement notre futur. Face aux problèmes de la vie, nous devenons de plus en plus déstructurés, sans espoir et exempt de réactivité sur le long terme.

Pourtant rien ne nous empêcherait de croire à nouveau en nous, de redécouvrir la beauté de notre corps, de notre Ego, grâce à l’Art !

De tous les ARTS !




L’image que nous donnons de nous-mêmes au regard des autres est aussi la manière dont nous regardons les autres.

La beauté humaine ne se résume pas qu’au domaine du visuel, mais aussi à celui des émotions et des impressions, gustatives, auditives, olfactives et tactiles. La sensualité forme un tout et donner la primauté uniquement au visuel est sclérosant et peut déboucher sur une société du « Paraître ».

Dans mes premières peintures j’avais réussi à représenter les autres sens dans un langage abstrait, issu des théories de Kandinsky, et de la sensibilité des Impressionnistes, mais à la longue ce langage s’est avéré être trop aléatoire pour le spectateur et trop condensé pour moi ! Un alphabet, n’a pas de sens sans la compréhension des mots qu’il véhicule, sinon il ne lui restera que la valeur décorative de l’instant ! Le disque de « Phaïstos » aux hiéroglyphes inexpliqués illustre parfaitement mes propos. Il restera qu’un bel objet, une harmonie visuelle et ceci tant qu’on n’aura pas décrypté son code.

C’est en 1999, ou, après de longues et éprouvantes expériences, dans les grottes marines du Finistère, que j’ai écris le « Manifeste du Néo-Rupestre » Il m’a permis de mettre en lumière la potentialité créative de nos quatre autres sens, qui jusque là est peu représentée dans la peinture, par manque d’écriture spécifique, et est restée dans l’ombre.




Un tableau, qu’il soit figuratif ou abstrait est actuellement hors du temps, et sa création, une fois qu’elle est terminée, est celle d’un visuel inerte. Il ne peut pas en être de même pour la représentation des autres sens sur une toile. Ils ont besoin pour cela d’autres notions pour s’exprimer tel que la durée et le mouvement.

De ce fait il me fallait trouver un nouveau code, applicable à la peinture, qui tout en laissant une liberté au spectateur, le préserverait aussi d’une interprétation trop aléatoire.

Un tableau abstrait pouvant se définir comme un assemblage de surfaces peintes ou blanches et de traits délimitant ces surfaces, allant de la courbe à la droite, je décidais d’utiliser ces représentations pour créer un langage binaire avec lequel je suis arrivée à définir le temps et le mouvement sur mes toiles en donnant un sens aux surfaces et aux traits.

Les deux notions de ce concept sont obligatoires pour représenter le goût, l’odorat, l’ouïe et le touché sur une toile.

Si l’on considère de plus, que le temps est une notion abstraite et relative en opposition avec le mouvement qui est lié à la matière, au corporel il me fallait ainsi définir le temps (notion relative) par la comparaison des surfaces peintes et non peintes (ou blanches) et le mouvement (notion lié à la matière et au corporel) par la dynamique des lignes.

Il en découle que plus la surface de la toile sera peinte, plus l’action sensuelle aura eu une durée longue. Par déduction, les surfaces non peintes ou blanches réduiront la durée de la dite action.

Quand à la dynamique, la courbe exprimera la lenteur, la douceur…, la droite exprimera la rapidité, la vivacité, la fougue…, de ses actions sensuelles !

L’impact des émotions des actions sensuelles, sera bien entendu toujours représenté par l’intensité ou non, des couleurs.

Ma toile « Baisers sous la Charmille et l’Eglantier » est la parfaite illustration de ce nouveau concept pictural !




Je finirai en disant que ma sensibilité est telle que je ne garde dans la vie que le goût pour le naturel qui en est l’essentiel, et pour l’extase de la beauté dans la dynamique des sens, de tous les sens !

Les Grecs recherchaient la beauté dans la représentation du corps humain avec tout le bénéfice que cela a apporté à l’Humanité.

De mon côté je recherche cette même beauté au fond de moi, grâce à tous mes sens, dans une communion des plus intime avec l’autre …….. et avec la nature.

Je suis persuadée que cette recherche du plaisir dans toute sa plénitude, constitue l’essentiel de la beauté humaine et qu’aucun développement durable ne sera possible, que ce soit au niveau personnel ou collectif, tant que nous n’aurons pas redonné à cette beauté la place qu’elle mérite dans notre vie et dans celles de nos sociétés !

Je me démarque ainsi des Anciens Grecs qui se sont contentés de sublimer dans leurs statues, la beauté plastique du corps humain.

Je terminerais en disant que l’artiste tout en étant dans ce monde, n’en fait pas partie ! De ce fait, je suis persuadée qu’au travers de ses oeuvres il a une responsabilité morale sur le futur de notre devenir collectif, pour le meilleur ou pour le pire !


Io ILLY
Artiste peintre
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